


Emblématique Vigne de l’Enfant Jésus
Au cœur de ce patrimoine, la Vigne de l’Enfant Jésus se distingue comme le plus emblématique des terroirs de Beaune. En 1638, Marguerite du Saint-Sacrement, carmélite fondatrice des Domestiques de la famille du Saint Enfant Jésus, aurait prédit la naissance du futur Roi-Soleil, Louis XIV, obtenant ensuite en remerciement de la part du couple royal une statuette de l’Enfant-Jésus ainsi que 3,92 de vignes idéalement situées dans les Beaune Grèves. Exploité par les Carmélites jusqu’à la Révolution, le vignoble, bientôt baptisé Vigne de l’Enfant Jésus, sera acquis progressivement par la famille Bouchard Père & Fils à partir de 1791. Au sein du Vignoble des Cabottes, ces 3,92 hectares constituent toujours aujourd’hui une parcelle à part. Au cœur de celle-ci trône une cabotte en pierre, sur laquelle une plaque arbore une représentation de la statuette de l’Enfant Jésus.
Les monopoles historiques de Beaune
À Beaune, deux monopoles historiques s’ajoutent à cet héritage exceptionnel : le Clos Saint-Landry, remarquable parcelle présentant les plus anciennes traces de cépage blanc de la région, et le Clos de la Mousse, un vignoble d’une rare intégrité, entièrement « réassemblé » par la famille Bouchard en 1872 grâce à un patient travail d’acquisition. Les premières mentions de ce dernier datent de 1220 lors de son legs au chapitre de Notre-Dame de Beaune, par le chanoine Edme de Saudon.
Les Grands Crus du Mont Chauve
Plus au sud, les Grands Crus Montrachet et Chevalier-Montrachet incarnent la quintessence du chardonnay bourguignon. Offertes aux moines cisterciens au XIIIᵉ siècle, ces terres du « Mont Chauve » donnent naissance à des vins blancs d’une plénitude et d’une longueur exceptionnelles. Deux climats autrefois réunis sur les cartes viticoles et longtemps surnommés « vigne blanche du Seigneur ».
Si le Montrachet tient directement son nom du Mont Chauve sur les pentes duquel il est implanté, son voisin aurait acquis son rang chevaleresque d’une belle légende qui veut que le seigneur du Montrachet ait partagé ses terres entre ses deux fils, dont l’un devint chevalier lors des Croisades.
Corton, l’empreinte de Charlemagne
Dominant la Côte de Beaune, la colline de Corton est aussi l’un des sites viticoles historiques de Bourgogne. Les premières traces de son vignoble remontent au IIᵉ siècle avant J.-C. Une jolie légende entoure également cette appellation. Très prisé de l’empereur Charlemagne, ce vin était à l’époque exclusivement rouge. Ce n’est qu’à la fin de la vie de celui-ci que certaines parcelles furent plantées en chardonnay, afin de produire un vin blanc qui ne tache pas sa barbe fleurie, donnant ainsi naissance au Corton-Charlemagne.


